Aurevoir Casa!

Avant de repartir pour Montréal, nous faisons un dernier arrêt à Casablanca d’où part notre vol de retour.

La ville est immense et moderne. Il y a un trafic de voitures monstre et c’est clair que nous voilà revenus dans le monde occidental. La différence entre les villes du Maroc est incroyable. Ici, il y a des petits gratte-ciels partout, et presque tous les édifices sont blancs, contrairement à Marrakech où tous les bâtiments sont peinturés rose orangé et sont rarement plus hauts que trois étages.

Arrêt obligatoire à la Mosquée Hassan II, la seule (ou une des seules) mosquée que les non-musulmans peuvent visiter au Maroc. De construction assez récente (années 90), la mosquée est directement sur le bord de la mer ce qui fait que son minaret est souvent dans le brouillard. Ce lieu de prière n’est pas immense, il est gigantesque! Si grand qu’on peut rentrer Notre-Dame de Paris à l’intérieur.

Un frais de 15 dollars est exigé pour visiter la mosquée. Visite qui ne se fait qu’en groupe avec un guide. Nous nous faufilons donc au sein d’un groupe de français et nous enlevons nos chaussures comme le veut la tradition musulmane. Alors pieds nus, nous admirons le travail des artisans, car tous les détails intérieurs sont faits à la main. C’est magnifique et très chaleureux.

La guide nous explique le fonctionnement de la mosquée et des ablutions (le rituel que les gens doivent faire pour se purifier avant de prier). Cependant, les questions qui reviennent toujours pour la guide concernent la liberté des femmes dans les pays musulmans. Notre guide, qui porte un léger voile pour couvrir la moitié de sa tête, nous explique qu’elle est libre, ne porte pas le voile à l’exception des lieux sacrés, et à la regarder prendre le contrôle du groupe nous la croyons!

Le soir, nous soupons dans un restaurant de tapas espagnols, où mangent des jeunes étudiants universitaires de toutes nationalités tout en travaillant sur leur laptop et où joue de la musique internationale. Pendant un instant, nous oublions que nous sommes à Casa et nous pourrions être partout sur la terre!

Puis c’est le retour. Nous partons la tête remplie d’images et de découvertes. Avec le sentiment d’avoir effleuré le monde musulman et d’avoir découvert la culture berbère, plutôt méconnue chez nous. Nous sommes fiers de l’exploit physique que représentait le trek et encore plus heureux d’avoir ouvert nos horizons. À la maison, nous intégrons la couverture marocaine dans le décor de notre salon qui contient déjà plusieurs autres souvenirs de voyages et qui nous rappelle chaque jour à quel point le monde est global et si différent à la fois.


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Titre : Mosquée Hassan II
Titre : Zoom sur la Mosquée
   

Fès, l'impériale

Nous partons donc en train pour notre deuxième arrêt : la ville impériale de Fès. Le guide de voyage mentionnait qu’il était préférable d’avoir un guide local pour visiter le souk de Fès. Nous en avons engagé un pour 15 dollars et ce fut un excellent investissement.

Malgré notre sens de l’orientation très développé, le souk de Fès a tout du labyrinthe. D’ailleurs, notre guide ne lésine pas sur les détours et nous fait entrer dans des boutiques d’où nous sortons par d’autres portes. Bref, en 10 minutes, nous sommes complètement perdus.

Ce souk est ancestral, s’y balader, c’est comme marcher au moyen-âge. Une femme rencontrée dans le train et travaillant pour l’Unesco, nous a expliqué la valeur historique des lieux, elle repartait déçue car certains détails et artéfacts se perdaient car la vieille ville se fait rénover de manière non coordonnée. C’est normal car c’est là que les marocains vivent et ils y sont nombreux. Ce n’est pas comme nombreux lieux historiques qui deviennent des villes musées et qui sont délaissés par les habitants.

Fès est donc, le centre artisanal du Maroc et dans chaque quartier il y a une spécialité. Nous allons donc dans le quartier des tanneurs (avec son odeur tellement suffocante qu’on nous remet une branche de feuilles de menthe qu’on doit garder sous notre nez) où l’on tentera de nous vendre poufs et sacoches en cuir, puis dans le quartier des tisserands où ce seront les nappes, couvertures et voiles, puis le quartier des tapis. Et là, ce sont de bons vendeurs, ils nous font visiter la fabrique, nous offrent un thé, et puis ils déroulent les tapis. Ils commencent par nous expliquer les différents types de tapis et nous en montrent plusieurs, en demandant constamment : aimez-vous mieux celui-ci ou celui-là? Ce qui a pour conséquence de se diriger toujours vers le tapis qu’on préfère et nous finissons presque par en acheter un.

Bref, notre guide nous amène partout où il y a quelque chose à acheter, où il pourrait avoir une commission. Mais la visite demeure intéressante, parce qu’il nous fait voir des ateliers que nous n’aurions jamais pu visiter. Cependant, le guide est un peu déçu de ne pas avoir amassé de commissions et nous trouve plutôt radins sur les souvenirs.

Le soir, nous nous payons un bon souper dans la nouvelle partie de Fès. Nous goûtons à la pastilla au pigeon qui est un met traditionnel marocain. Malgré ce nom exotique, la pastilla ressemble en fait à un croisement entre un pain farci et une tourtière qui serait assaisonnée de muscade, de cannelle et de sucre en poudre. C’est excellent !

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Titre : Étalage de dattes
Titre : Fabrication de tapis
Titre : Dans le souk
Titre : Entrée de la mosquée
Titre : Les tanneurs
 

Essaouira, ville ouverte

Le voyage n’est pas fini : nous partons sans guide explorer des villes du Maroc. Nous nous rendons en autobus à Essaouira, petite station balnéaire très charmante, où les touristes ont le plaisir de dormir dans des riads. Ceux-ci sont de belles maisons qui ont un jardin intérieur. D'ailleurs, Essaouira est une ville coquette où les bâtiments sont généralement peinturés blancs avec des détails bleus, le tout dans un ensemble harmonieux.

Nous choisissons le riad Maison du Sud et nous dormons dans une chambre qui donne directement sur la terrasse sur le toit du riad. C’est un petit luxe que nous nous payons après avoir dormi sous la tente 10 jours, sans avoir accès à des douches et des salles de bains. Et que dire de pouvoir enfin manger assis à une table! Cela peut sembler banal, mais après avoir manger 33 repas assis sur un tapis, c’est bien plus reposant (lorsque nous ne sommes pas aussi flexibles qu’un artiste du Cirque du Soleil)

La plage d’Essaouira est un paradis pour le kite-surfing et la planche à voile, car il y vente à profusion. Les amateurs de sport nautique nous en mettent plus la vue et nous nous reposons sur la plage en regardant leurs prouesses. Nous en profitons pour relaxer sur les terrasses et magasiner un peu. La ville a aussi son petit souk et regorge de boutiques d’artisans, nous y achetons de belles couvertures. C’est donc le temps de pratiquer nos techniques de marchandage avec les vendeurs. Nous réussissons à obtenir un 20 % de réduction. Nous apprendrons plus tard que nous aurions pu essayer jusqu’à plus de 50 %. Nous sommes quand même très heureux de nos achats!

La ville est très ouverte aux autres cultures et ses restaurants sont variés. Nous dérogeons pour la première fois du menu marocain pour aller manger de la cuisine française et de la cuisine suisse. La cuisine marocaine est délicieuse, mais notre estomac aime aussi la variété!

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Titre : Riad
Titre : Ruelle
Titre : Arrêt, stop et ...
Titre : Notre couverture
 

Adieu pays berbère!

C’est la fin du trek, les villages deviennent de plus en plus rapprochés et dans le lit de la rivière dans laquelle nous marchons, il est de plus en plus fréquent de croiser des femmes et des enfants qui font la lessive. Nous avons presque l’impression de retrouver la civilisation lorsque nous entrons dans un petit « dépanneur » et que nous voyons tous les produits de consommation que nous connaissons avec un petit slogan écrit en arabe.

Nous dormons le dernier soir dans un refuge et soupons pour la dernière fois avec notre équipe. C’est triste de les quitter, eux qui nous ont appris tant de choses ces dernières semaines. Et je tiens souligner le travail de Bam Skour (grand-papa, qu’on voit sur le dos de l’âne dans une des photos du billet précédent), notre muletier, qui, à 70 ans, doit continuer de travailler car il n’a pas de sécurité sociale et n’a pas d’enfants pour le faire vivre. Cependant, il était fait en béton, il dépassait n’importe quel marcheur aguerrit et cela, en sandales. Tout un personnage!

Le lendemain matin, nous embarquons de nouveau dans un jeep et direction Marrakech. Traversons plusieurs montagnes où la route doit faire des serpentins interminables. Nous arrêtons dîner dans un restaurant sur le bord de la route où la viande qui vient d’être dépecer est accrochée plein soleil aux yeux des passants.

Dans la jeep, nous écoutons des cassettes de gnaoua, de la musique traditionnelle marocaine, avec des percussions et des chants. Après 6 heures de route, nous sommes en mesure de performer nous-mêmes les chansons et nous les fredonnerons jusqu’à la fin du voyage, sans rien comprendre bien sûr!

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Titre : paysage
Titre : Un "dépanneur"
Titre : Titre à définir
   

Les pieds dans l'eau

Départ pour une nouvelle aventure : nous délaissons nos bottes de montagne pour enfiler nos sandales car les prochaines journées se dérouleront les pieds dans l’eau. Nous marcherons dans les gorges d’Achaabou. Une autre façon de voir du pays et des paysages totalement différents.

D’ailleurs, ce chemin est beaucoup utilisé par les habitants de la région qui s’en servent pour aller dans d’autres villages chercher des provisions ou vendre un agneau. Nous croiserons plusieurs personnes sur le dos de leur âne ou cheval dans ces gorges.
Cependant, ces endroits sont très dangereux lors de pluie car l’eau peut monter extrêmement rapidement. Alors, il vaut mieux s’y rendre avec un guide expérimenté.

Nous oublions vite que nous marchons dans l’eau car à chaque détour, il y a du nouveau. Par contre, nous nous rendons compte que la résistance de l’eau ajoute un peu à l’effort. Nous ne sommes plus dans un sentier où la dénivellation est élevée, mais l’effort demeure important.

Les gorges se font très étroites au début, puis elles s'élargissent et laissent place à une végétation où les lauriers roses sont légion. Ces arbustes font de très belles fleurs qui contrastent avec la rigidité du climat.

En sortant des gorges, nous nous rendons directement chez notre hôte, car ce soir nous ne dormons pas sous la tente, mais bien dans un gîte chez l’habitant. La maison a une cour intérieure et est composé de quatre pièces. Ce qui nous frappe d’abord est l’absence de meubles : pas de lit, pas de table, pas de comptoir dans la cuisine, pas de chaises ni de fauteuils. Sur le sol des tapis, pour manger, pour dormir et pour cuisiner. Pas de salle de bains non plus.

Je remarque que la femme de notre hôte reste dans un petit cabanon derrière la maison. Mon guide m’apprend que c’est là qu’elle cuisine le pain, car il n’y a pas de four dans la maison. Nous la rejoignons et pouvons voir à quel point elle est habile. Son pain est succulent et nous en achetons pour les derniers jours du trek.

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Titre : La maison de notre hôte
Titre : Bienvenu chez vous!
Titre : Bam Skour (grand-papa en berbère)
Titre : Gorges d'Achaabou
Titre : Dans les gorges
Titre : Lauriers roses

RE: Gorges profondes...

Lorsque l'homme se pense grand et quelqu'un dans la vie !

@ 2007-12-18

RE: Les deux pieds dans l'eau!

Quel voyage fantastique!

@ 2007-12-17

L'hospitalité berbère

Les vallées qui nous attendent de l’autre côté du M’Goun sont similaires à ce que nous avions vu précédemment. Par contre, il y a une différence majeure à laquelle nous ne nous attendions pas : toutes les femmes que nous croisons sont en habits traditionnels. C’est une réalité à laquelle nous ne sommes pas habitués et nous sommes surpris.

Elles portent des robes noires accompagnées d’un voile noir souvent agrémenté de pompons oranges, verts et rouges, ainsi que des pièces métalliques. Certaines ont les cheveux teints au henné, ce qui leur donne une couleur orangé, surtout les plus âgées. Parmi elles, plusieurs portent aussi un tatouage sur le menton.

Ce qui nous frappe aussi, c’est le travail des femmes. Nous les voyons partout. Elles rapportent l’eau, de la source à la maison, elles travaillent aux champs. Nous apprenons que la femme berbère fait toutes les tâches domestiques incluant les récoltes, alors que les hommes s’occupent des travaux d’infrastructure comme l’irrigation et la construction des maisons.

Dans ces vallées, l’agriculture est omniprésente, et partout sur notre passage nous voyons des cultures : maïs, patates, courges, pommes, figues, pommes grenades, etc. Malgré une certaine rusticité, les habitants de ces régions ont suffisamment à manger et sont très fiers.

Le dernier soir dans la vallée, nous dormons dans un petit village. Je dirais plutôt un hameau de maisons, car il n’y a pas vraiment de place centrale. Ce soir là, nous pouvons observer les allées et venues des paysannes qui vont et viennent à la source avec des grosses cruches et ramènent l’eau à leur maison, parfois plus de 500 mètres plus loin dans des sentiers escarpés. Les jeunes garçons, comme partout ailleurs, jouent au football.

Par chance, nous pouvons prendre notre première douche chaude depuis notre départ. Pour l’équivalent de deux dollars, une dame du village nous amène dans un genre de cabanon, où un baril chauffé par un feu de bois, nous permettra de nous offrir ce luxe. C’est une pure joie!

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Titre : Vue sur les montagnes
Titre : Rencontre...
Titre : La source d'eau
Titre : Famille d'agriculteurs
Titre : Champs de maïs
Titre : Los 3 amigos
Titre : Petits bergers
 

Au sommet du M'Goun

Une des parties fortes du trek est l’ascension du M’Goun (4067 M). Pour cela, nous partons tôt le matin (4h) avec nos lampes de poche. Nous débutons notre ascension par des pentes abruptes. Nous marchons sur un sentier de roches. Aux premières lueurs du soleil, c’est un paysage lunaire qui se dévoile devant nous. Aucune végétation à l’horizon. L'effet est impressionnant, mais nous ne sommes pas capables de rendre l'immensité des lieux sur nos photos. Le résultat montre des montagnes de roches grises et brunes et n'est pas très impressionnant. 


Une fois près du sommet, nous marchons longtemps sur la cime des montagnes. Nous sommes sur le toit du monde! Bientôt, un amas de caillou nous indique que nous sommes bel et bien au point culminant de notre trek. Nous savourons pendant un instant cet accomplissement et l’effet grisant de la réussite.

Nous ne restons pas longtemps: au sommet, il fait très froid. Nous portons les mêmes manteaux que nous portons pour lorsqu'il fait -20 degrés au Québec et même des tuques.  Puis, nous redescendons par un autre sentier. La descente est plus difficile que la montée en raison des cailloux qui se dérobent sous nos pieds. D’un certain point de vue, c’est comme descendre une piste de ski sans skis.

Nous atteignons notre campement juste avant qu’un orage de montagne éclate. Quelques minutes plus tard nous entendons un grondement. Notre guide nous appelle et nous le rejoignons juste à temps pour voir arriver une marée de roche et de boue  dans le lit de la rivière asséchée dans laquelle nous avons marché toute la journée. En haute altitude, une simple pluie peu faire déborder une rivière qui quelques instants auparavant n’était qu’un simple filet d’eau. La rivière se déchaîne toute la nuit atteingnant un mètre de haut et près de 10 mètres de large. Saïd nous raconte l'histoire de campeurs non aguerris ayant monté leurs tentes trop près du lit de la rivière.

Une chance que nos guides sont expérimentés. En fait, ces montagnes, elles vivent en eux. C'est leur maison, ils y connaissent chaque recoin, chaque détour, et peuvent trouver une source d'eau pure derrière une roche, alors que notre oeil n'a rien vu.  Dans ces moments-là, on se rend compte que même si on a plein de connaissances qu'ils n'ont pas, perdus dans ces montagnes nous ne vallons pas grand chose. Leçon d'humilité numéro un.

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Titre : La cime du M'Goun
Titre : Au sommet du M'Goun
Titre : La joie d'être au sommet
   

Les hauts plateaux

Après avoir traversé des vallées agricoles, nous commençons notre ascension sur les plus hauts plateaux qui nous mèneront au camps de base du M’Goun. Le temps est plus frais et nous ne regrettons pas d’avoir amener des sacs de couchage qui vont jusqu’à -5 degrés Celsius.

Les montagnes se font plus apiques, mais ce qui est surprenant, c’est que même à cette hauteur, il n’est pas rare de croiser des gens sur notre chemin. Très peu de touristes (nous n’en croiserons qu’une seule fois), mais plutôt des bergers et leur multitude d’agneaux. D’ailleurs, c’est un bruit de fond constant dans le Haut-Atlas, nous ne voyons pas toujours les animaux, mais nous entendons toujours au loin des bêlements qui nous rappellent que nous ne sommes pas seuls même si l’immensité des lieux laisse croire le contraire.

Saïd nous expliquera que ce territoire est occupé pendant la partie chaude de l’année par des familles de nomades qui laissent leur maison pour venir avec leur troupeau. La vie est dure pour ces nomades. Beaucoup plus que pour les habitants des campagnes que nous avons vu auparavant sur notre route. Ils n’ont pas accès à des fruits et légumes frais et vivent dans de petits abris de fortune.

Une des rencontres intéressante que le hasard a mis sur notre route est cet instructeur qui est un des premiers à faire l’école aux nomades. Il s’est installé une grosse tente qui devient une école, pour tous les petits nomades des kilomètres environnants. C’était un nouveau projet pour aider cette tranche de la population qui vie dans des conditions difficiles. Ce qui est intéressant, c’est qu’en plus des connaissances de base, telle que l’écriture et les mathématiques, les enfants apprennent sur l’écologie et le milieu naturel, puisqu’ils deviendront des adultes qui probablement travailleront dans la nature comme leurs parents.

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Titre : Camp de base du M'Goun
Titre : Vue sur la vallée
Titre : Chemin aux couleurs chaudes
Titre : Perturbations géologiques
Titre : Campement
Titre : Campement

La bouffe


C’est toujours agréable d’arriver au campement et de savoir qu’un repas nous attend après des longues journées de marche (nous parcourons environ 200KM en 11 jours et ce, dans des conditions très montagneuses...)

Le midi, nous mangeons en plein air sur des tapis. Le repas se compose, pour la plupart du temps, d’une salade de pâtes ou de riz, avec légumes (concombres, piments et tomates) ainsi que du poisson en conserves (il ne faut pas oublier que nous sommes à des kilomètres de la civilisation et que les provisions sont transportés par nos mules!). Mais parfois, lorsque nous croisons des familles berbères et nos guides achètent des œufs frais. D’ailleurs, nous avons été surpris de voir cet aliment dans notre menu après quelques jours de marche, mais notre guide nous a expliqué que ce produit n’avait pas fait le chemin depuis Marrakech, et que nous étions en train d’encourager l’économie locale!

Le repas se termine habituellement par un fruit et immanquablement par le fameux thé à la menthe. Les marocains sont passés maîtres dans l’art de préparer ce thé plutôt sucré que nous avons très rapidement adopté.

En soirée, nous soupons sous la tente principale, avec les autres randonneurs et les membres de l’équipe. Généralement autour d’un bon couscous, nous prenons part à des discussions à saveur culturelle où nous cherchons à en savoir plus sur les habitudes des marocains et des berbères, particulièrement sur le mode de vie des nomades que nous croisons à mesure que nous arrivons sur les plus hauts plateaux.

Ce régime alimentaire nous satisfait même si après quelques jours, j’éprouve certains malaises d’estomac. Heureusement, le problème est vite réglé lorsque notre équipe nous prépare du bon pain frais, lorsque nous arrivons au camp de base du M’Goun. C’est un moment fantastique, où nous observons ces hommes construire un four à même le sol et cuisiner un des pains les plus délicieux qu’il m’ait été donné de goûter. (La photo ici-bas parle pour moi!)

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Titre : Couscous
Titre : Four improvisé
Titre : Repas du midi
Titre : Un pain délicieux

Et c'est parti pour un trek de 11 jours!

Départ pour le trek dans le Haut-Atlas. Notre guide Saïd vient nous chercher en jeep, c’est un marocain d’origine berbère. Il parle donc français, arabe et berbère. Sans compter aussi, un peu d’anglais, d’espagnol et d’italien, qu’il a appris en guidant des touristes d’un peu partout. Nous faisons près de trois heures de route pour rejoindre le début du sentier où nos attendent deux muletiers et un cuisinier qui seront aussi du voyage.

Le départ se fait lentement. Nous parcourons un sentier qui traverse une campagne où les collines sont presque désertiques, avec très peu d’arbres. Par contre, dans le creux des vallées, c’est tout le contraire : un simple ruisseau fait jaillir des cultures sur ses deux rives. De temps en temps, nous croisons des petits villages semblant n’habiter qu’une poignée de familles. C’est dans ces moments que de nombreux enfants viennent nous voir, ils sont un peu sales mais semblent en santé et assez bien nourris. Chose décevante, ils nous quêtent. « Bonbons, crayons, bonbons ». En français par dessus le marché. Ils savent que certains touristes les gâtent. J’avais lu qu’il ne faut rien leur donner pour ne pas les habituer à quêter. C’est difficile.

Nous dormons sous la tente, tout près d’un de ces villages. Durant la nuit, coqs, chiens et ânes se mettent de la partie. Difficulté à dormir et dépaysement total.

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Titre : campement près d'un village
Titre : Ombre recherchée
Titre : Départ pour le trek
Titre : campement au pied d'un village
Titre : Vallée verdoyante
     

Arrivée à Marrakech

Arrivés au Maroc en plein milieu de l'après-midi, nous avons profité de notre chambre d'hôtel pour calmer le "jetlag" et inconsciemment, laisser passer la canicule. Il faut dire que nous étions au mois d'août et qu'à Marrakech la température peut facilement monter jusqu'à 40 degrés et plus l'après-midi.


Après, une petite sieste, nous sommes partis explorer les charmes de la ville, en commençant par la célèbre place Jemâa el-Fna . Nous étions encore à un coin de rue de cette place que l'écho des tam-tams et autres instruments de musiques traditionnels parvenait à nos oreilles. Dans mes souvenirs, j’entends encore le bruit de cette petite flûte dont se servent les charmeurs de serpents, car serpents, il y avait sur cette place. Jemâa el-Fna fait d’ailleurs partie du patrimoine oral et immatériel de l’humanité selon l’Unesco.


Un autre monde nous attend; des vendeurs de jus d’oranges fraîchement pressé, de dattes ou de figues, côtoient des dentistes ambulants, diseuses de bonne aventure, vendeurs d’herbes médicinales, porteurs d’eau, danseurs, acrobates, artistes tatoueur au henné, sans compter les fameux charmeurs de serpents. Bref une foule bigarrée, composée de touristes d’un peu partout, mais d’aussi énormément de gens locaux, qui sortent de chez eux à la tombée du jour lorsque la température devient plus clémente.

Les kiosques de nourritures extérieurs ne manquent pas et nombreux sont ceux qui choisissent de se rassasier en plein air. Nous préférons cependant manger sur une des nombreuses terrasses sur les toits qui entourent la place; pour profiter de la vue, mais aussi parce que nous trouvons que la nourriture des petits stands est restée longtemps au soleil. En tout cas, trop pour nos petits estomacs d’occidentaux.

Alors sur la terrasse de notre restaurant, nous savourons de délicieuses tajines et nous observons la foule infatigable qui bouge à nos pieds. Avec comme trame de fond, tam-tams et flûtes, entrecoupés à deux reprises par la prière du minaret qui surplombe ce lieu presque magique.

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Titre : La place Jemâa el-fna
Titre : Souper en plein air
Titre : Vendeur de jus d'orange
Titre : Vendeur de jus d'orange
Titre : Titre à définir